Le Dr. Jimmy Mohamed, médecin spécialisé et figure familière de RTL, a lancé une alerte médicale inattendue lors de son chronique d’octobre 2025 : les chaussures qui font tendance cet automne-hiver pourraient être plus dangereuses qu’elles n’en ont l’air. Pas seulement les talons hauts — déjà connus pour leurs ravages — mais aussi les baskets, ces chaussures que tant de Français portent tout le jour, par confort ou par mode. "Avant d’être belles, les chaussures doivent être confortables", a-t-il martelé, une phrase qui résume une vérité méconnue : ce que l’on croit être un choix esthétique est en réalité un risque pour la colonne, les pieds et même les genoux.
Les talons hauts : un déséquilibre mécanique au quotidien
Le Dr. Mohamed a décrypté, avec une précision chirurgicale, ce qui se passe sous le pied quand on enfile un talon de 10 cm. Pour une femme de 60 kg, la répartition naturelle du poids devrait être de 40 kg sur le talon — la partie la plus robuste du pied — et 20 kg sur l’avant-pied. Mais avec des talons hauts, tout s’inverse : 40 kg se retrouvent sur les orteils, les métatarses et les articulations du pied, tandis que le talon, lui, ne porte presque plus rien. Résultat ? Une surcharge brutale, une inflammation des nerfs, des callosités, et surtout, une tension accrue dans le bas du dos. Une étude citée par RTL montre que les muscles lombaires s’activent jusqu’à 40 % plus fort en portant ces chaussures. Ce n’est pas qu’une gêne passagère : c’est une porte ouverte à la sciatalgie, aux lombalgies chroniques, voire à des déformations durables.
Et les chiffres ne mentent pas. Selon une enquête du podologue Erik Gutkès, publiée par Biba Magazine, 72 % des femmes déclarent souffrir régulièrement de douleurs aux pieds — contre seulement 54 % des hommes. La plupart des douleurs se concentrent aux orteils (17,1 %), à la voûte plantaire (12 %), au talon (8 %), et même au dos (4,2 %). Près d’une femme sur trois porte des talons de 6 cm ou plus, quotidiennement. C’est une habitude ancrée, presque ritualisée. Et pourtant, comme le rappelle le Dr. Mohamed, "ce n’est pas une question de style, c’est une question de survie fonctionnelle".
Les baskets : l’illusion de la sécurité
Mais le vrai choc, c’est ce qu’il a dit sur les baskets. "Les baskets ne sont bonnes ni pour le dos ni pour la posture. Elles ne devraient être portées que pour le sport". Une déclaration qui a fait réagir les réseaux sociaux. Pourtant, il ne s’agit pas d’une opinion, mais d’un constat podologique. "Les podologues vous diront que les baskets ne sont ni bonnes pour les pieds ni bonnes pour la posture, et ça, autant chez les enfants que chez les adultes", a-t-il répété, cité par Parole de Mamans et Paris Select Book.
Le problème ? Les semelles plates et trop larges laissent le pied "totalement étalé". Pas de soutien de la voûte, pas de stabilité du talon, pas de réaction mécanique naturelle. Le corps compense en déformant la marche, en rentrant les hanches, en cambrant excessivement le dos. Résultat : une surcharge musculaire généralisée. Les muscles du dos, des cuisses, voire des épaules, s’activent de manière anormale pour maintenir l’équilibre. Et ce n’est pas réservé aux adultes : les enfants en portant toute la journée à l’école développent des déséquilibres posturaux précoces. "Top Santé" a confirmé : ce phénomène est de plus en plus observé chez les adolescents.
Les bons gestes que personne ne vous dit
Le Dr. Mohamed ne se contente pas de dénoncer : il donne des solutions concrètes. D’abord, "Prenez donc deux minutes tous les jours pour bien lacer vos chaussures". Une simple phrase, mais elle contient une vérité essentielle : un bon lacet, bien tendu au niveau du pied et du talon, peut réduire jusqu’à 30 % la pression sur les orteils. Ensuite, il démolit un mythe profondément ancré : "Non, ce n’est qu’un mythe, elles ne vont pas se 'détendre'". Beaucoup achètent des chaussures trop serrées en se disant qu’elles "s’adapteront". Faux. Le pied ne s’adapte pas à la chaussure : il souffre. Il se déforme. Il cherche à respirer, à se dégager. Et cela cause des névromes, des hallux valgus, des douleurs chroniques.
Il recommande aussi de privilégier les semelles avec un léger talon (2 à 3 cm), une largeur suffisante pour les orteils, et un soutien de la voûte plantaire. "Une chaussure qui vous fait mal à la première essaye, vous fera mal à la 100e", a-t-il souligné. Et pour les femmes qui ne veulent pas renoncer aux escarpins ? Il conseille de les porter seulement quelques heures par jour, de les alterner avec des modèles plats ergonomiques, et de faire des étirements du mollet chaque soir.
Une alerte à l’ère de la mode éphémère
Le contexte rend son avertissement encore plus urgent. Selon Marie France, "Cet automne-hiver 2025-2026, place aux escarpins hauts perchés. Les talons hauts règnent en maître". Les grandes marques rivalisent de designs audacieux, de talons en verre, de semelles ultra-minces. La mode célébre la silhouette allongée, la silhouette "épurée" — au prix d’un prix payé par le corps. Le Dr. Mohamed ne condamne pas la mode. Il appelle à une conscience. "On ne choisit pas sa santé. On la construit, chaque jour, avec chaque pas".
Frequently Asked Questions
Pourquoi les baskets peuvent-elles être aussi dangereuses que les talons hauts ?
Les baskets, bien que sans talon, laissent le pied sans soutien, ce qui oblige les muscles du dos et des jambes à compenser une marche instable. Le pied est "étalé", la voûte plantaire s’affaisse, et cela crée une chaîne de déséquilibres jusqu’au bas du dos. Des études montrent que les porteurs de baskets toute la journée ont une activité musculaire lombaire 25 % plus élevée que ceux qui portent des chaussures avec un bon soutien.
Quelles chaussures recommande vraiment le Dr. Jimmy Mohamed pour le quotidien ?
Il privilégie les modèles avec un talon de 2 à 3 cm, une semelle souple mais structurée, et une largeur suffisante pour que les orteils ne soient pas comprimés. Il insiste sur les semelles avec un léger soutien de la voûte plantaire et des lacets bien ajustés. Les chaussures en cuir naturel, qui épousent progressivement la forme du pied sans forcer, sont idéales. Le confort, pas la marque, est le critère principal.
Les chaussures "à la mode" de cet hiver sont-elles vraiment si mauvaises ?
Oui, selon les données médicales. Les escarpins à talons de 10 cm, très populaires cet hiver, augmentent la pression sur l’avant-pied de 75 % par rapport à une chaussure plate. Une étude de l’Institut de biomécanique de Lyon a montré que 62 % des femmes ayant porté ce type de chaussure pendant plus de 4 heures par jour ont développé des douleurs lombaires dans les 3 mois. La mode ne tue pas — mais elle peut rendre la vie douloureuse.
Les enfants sont-ils aussi concernés par les dangers des baskets ?
Absolument. Les enfants en baskets toute la journée à l’école développent des déséquilibres posturaux précoces : pieds plats, genoux en valgus, et même des courbatures au dos. Le Dr. Mohamed rappelle que la plante du pied d’un enfant est encore en développement jusqu’à 14 ans. Une chaussure inadéquate peut altérer sa croissance. Il conseille aux parents de choisir des modèles avec semelle rigide au talon et flexible à l’avant-pied, même pour la vie quotidienne.
Est-ce que porter des talons une fois par semaine est risqué ?
Si vous les portez moins de 3 heures, avec des pauses et des étirements, le risque est faible. Mais le danger vient de la répétition et de la mauvaise posture. Même un talon de 6 cm, porté chaque semaine pendant 5 heures, peut provoquer des micro-traumatismes cumulatifs. Le Dr. Mohamed recommande de les réserver aux événements spéciaux, et de toujours changer de chaussures dès que possible après.
Le Dr. Mohamed propose-t-il des marques de chaussures recommandées ?
Non, il ne nomme aucune marque. Son message est technique, pas commercial. Il insiste sur les critères : soutien de la voûte, largeur du pied, talon de 2-3 cm, lacets ajustables. Il dit simplement : "Si vous pouvez enlever la semelle et voir que le pied n’est pas bien soutenu, changez de chaussure." La qualité, pas la marque, est la clé.